_ Ouais salut, merci beaucoup et à dans deux semaines.
_ Oui à dans deux semaines, et bonjour à Delanoë de ma part ! "
Ils rirent. Lui, c'était parce qu'il la taquinait. Elle, c'était plutôt nerveux.
" _ Allez bisous maman et merci pour tout.
_ De rien, je t'aime chérie, appelles moi quand tu arrives.
_ C'est promis. "
C'est l'heure du départ. Encore un. Il faut dire que depuis un an, elle est abonnée à ça. La même sensation lui traverse le corps et l'esprit à chaque fois qu'elle repart. D'abord c'est un froid dans le dos, puis le nez qui pique; signe que les larmes montent aux yeux; et puis c'est le sentiment de solitude qui l'envahis.
Il n'y a jamais personne sur le quai de la gare. Personne qui est là pour la regarder partir, lui souffler un bisous posé préalablement sur la main. Il n'y a personne sur le quai de l'autre gare, attendant impatiemment son retour. Jamais personne nulle part en fait. C'est comme si elle n'était pas indispensable.
Elle avait pensé que les gens ne s'habitueraient jamais à son départ, qu'à chaque fois ce serait un coup dur pour eux et puis que quand elle reviendrait, tout le monde se ferait passer le mot et l'accueillerait de manière royale. Non. Rien de tout ça. C'est dur pour elle. Savoir qu'elle est aimée mais en avoir très rarement la preuve. C'est cette sensation qui avec le temps lui fait détester tous les choix qu'elle a pu faire.
Une fille lui a souvent répété "Oublies le reste du monde....Et le monde t'oubliera".
Le problème c'est que cette nana, elle n'a pas oublié le monde...



